Blog - Récit de Jonathan Salamon : partie 6 : 1er bilan à mi parcours.

Par Jonathan Salamon
le 22 oct 2017 à 09:37
Tags : récit  grind  aventure 

Samedi 27 octobre. Je profite des six heures de train qui m’amènent dans le Sud où je vais suivre une semaine de ma formation en psycho pour écrire mon sixième article.

Six articles, soit déjà presque trois mois que je vous raconte ma décision de retenter l’aventure du poker professionnel. À mi-parcours, c’est le moment idéal pour faire un premier bilan du chemin accompli, et de celui qui reste à faire. Et puisqu’au poker, avant toute chose, ce sont les chiffres qui parlent, ne passons pas par quatre chemins.

Un brag s’est dissimulé dans cet article, saurez-vous le trouver ?

Ca fait plaisir de pouvoir montrer une belle courbe comme ça. Et j’avoue que si on me l’avait annoncée il y a trois mois, je n’aurais pas cru pouvoir en être là aujourd’hui. Il faut dire que je reviens de loin…

 

0 à 26000 mains, premiers titubements :

Les 26 000 premières mains sont celles jouées avant le début de mon challenge. Elles commencent à l’époque où je suis encore salarié, en juin, et se terminent début août. À cette époque, j’ai assez peu de temps pour grinder et bosser mon jeu, et forcément ça se voit, puisque je suis perdant en NL25. Sachant que j’avais arrêté le poker depuis plus de deux ans, je m’y attendais un peu,  mais c’est forcément désagréable pour quelqu’un qui grindait la NL200/400 live… 

Clairement pas le meilleur départ pour se lancer le défi de devenir pro. Mais maintenant que j’y suis, que j’ai arrêté mon boulot et que j’ai annoncé à la terre entière mon projet, il est trop tard pour faire machine arrière. Je n’ai plus le droit de me planter. La pression est énorme, mais je crois que d’une certaine manière, je l’ai voulue. Elle me sert de carburant. Certains fonctionnent au diesel, moi je tourne à la frustration et à la honte. Réussis ou tu seras la risée de tous. Marche ou crève. Au boulot.

26000 à 76000 mains – mise en confiance

J’arrive à Malte avec peu de confiance et pas mal de doute. J’en repars avec l’inverse.  Pendant sept jours, j’ai bossé avec Yoh et les autres stagiaires, et me sens non seulement beaucoup plus solide techniquement, mais aussi bien plus au clair avec mon plan d’attaque. De retour à Lille, je n’ai plus qu’une envie : envoyer du volume.

Les résultats sont immédiatement palpables, puisque je passe sans transition de perdant, à gagnant en NL25 sur les 50000 mains qui suivent avec un winrate de 6bb/100. En un mois, je bats la limite et tente mon premier shot en NL50.

76000 à 126000 mans – vitesse de croisière

La 50 est autrement plus difficile que la 25, les regs beaucoup plus coriaces.

Ma première tentative échoue lamentablement, mais une semaine plus tard, la deuxième passe et très rapidement, j’arrive à monter suffisamment pour ne plus craindre de redescendre. C’est à cette époque que j’entame la fac de psycho, qui met un frein considérable à ma progression. Pire, bien vite, je me rends compte que je n’arrive pas à concilier les deux. Mon grind est haché, je dois arrêter le sport. Je me rends compte que si je veux bien faire les choses, je ne peux pas courir deux lièvres à la fois. Il faut faire un choix. Je décide de repousser les études à l’année prochaine.

Comme pour me punir de m’être dégonflé, les dieux du poker m’envoient immédiatement un bad run pour m’annoncer que ce ne sera pas si facile que je le croyais, et qu’il va falloir prouver que je le mérite vraiment. Heureusement, Antoine, mon coach mental est là, m’aide à redresser la barre, et le bad run s’atténuant, je parviens à m’en sortir. Rapidement, je monte tellement que j’en arrive, presque surpris, à pouvoir shoter la 100. Pour autant, je ne me sens pas spécialement prêt à ce moment là. Cela fait à peine un mois que je suis en 50, j’y ai joué à peine une trentaine de milliers de mains, et suis monté tellement vite que je ne sais même si je bats vraiment la limite. Mais après tout, pourquoi pas.

Était-ce une erreur ? Je ne sais pas. Le problème des shots, c’est que les bad runs y sont plus violents. Les quelques caves auraient juste été une mauvaise journée en 50, mais en 100, elles représentent tout de même 15% de ma bankroll. Au deuxième jour, je stoppe les dégâts et redescends de limite. Depuis j’ai décidé de continuer à y jouer et d’attendre d’y être vraiment confortable pour tenter mon prochain shot. Difficile de faire des prédictions au poker, mais si tout continue à bien se passer, j’espère pouvoir retenter ma chance d’ici quelques semaines…

Et maintenant ?

C’est avec une certaine satisfaction que je regarde le chemin parcouru sur ces trois derniers mois. Techniquement, je me sens bien. Immensément plus compétent qu’au début du challenge. La bankroll elle aussi, fait plaisir à voir. Même si il est encore trop tôt pour envisager de faire des cash out réguliers, j’ai le sentiment que la route est grande ouverte et que si je continue à bosser sérieusement, ce n’est qu’une question de temps pour arriver à destination.

La bonne nouvelle, c’est que le temps, je l’ai désormais. En ayant repoussé la reprise d’étude à l’année prochaine, je me suis donné 6 mois de plus pour avoir un niveau me permettant de gagner à des limites vraiment intéressantes. La 100 est désormais à ma portée. La 200 est encore loin, mais loin d’être un rêve.  Au-delà, on reste encore dans le domaine du fantasme. Je ne pourrai m’approcher de ces limites qu’en live.  

C’est d’ailleurs un des plans pour les prochaines semaines. Dès que je serai confortablement rollé pour la 100, j’ai l’intention de me faire un petit retour en partie privée et en casino, histoire de casser un peu la monotonie de l'online et de retrouver le poker que je préfère plus que tout. Celui de la psychologie, de la sociologie, et des tells. Celui où un bluff all-in à la river est immensément plus intense que sur internet. Celui où j’ai toujours pensé avoir le plus d’edge. J’ai hâte de voir comment je vais me sentir à une table de live avec tout ce que j’ai appris ces derniers mois…

En attendant, il me reste encore un peu de préparation. Mes objectifs pour les deux prochaines semaines sont un peu différents de d’habitude. Étant toute la première semaine à ma formation de psycho dans le Sud, j’ai décidé d’en profiter pour bosser un peu hors des tables :

  • Faire une fiche sur chaque bon reg
  • Lire et bosser un bouquin de GTO qu’on m’a recommandé

 

Et à partir de la deuxième semaine :

  • Jouer 20k mains
  • Sport 3 fois par semaine
  • Une nouvelle recette de cuisine

Mon train vient d’arriver en gare de Nîmes. Le timing est parfait.

Bonne chance à tous ceux qui grind, et à dans deux semaines pour le prochain article !

Jonathan S.

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Commentaires

Le Nit sain d'esprit le 23/10/2017 à 05:05

Gg john ça fait plaisir de voir cette progression. A t on avis peut on tirer un revenu regulier en cash game NL50 ? Genre 2k5 3k € par mois? Tu ne parles jamais du chiffrage de BR. Et pour les impots ? As tu étudié la question? Merci gl et à plus !

Jonathan Salamon le 24/10/2017 à 20:52

Hello les gars, merci pour vos commentaires @Le Nit Un revenu régulier en nL50, oui je pense. Par contre, 2.5/3k, ca me parait un peu ambitieux. C'est a mon avis possible si 1/ tu crush la limite 2/ tu fais un gros volume... Juste pour te donner un ordre d'idée, si tu crush à 8bb/100 et que tu fais 50000 mains par mois, tu vas gagner 2k/mois.

romain le 05/01/2018 à 14:34

hello, merci pour tes articles cela motive à continuer de travailler dur pour essayer de battre ma limite à mon échelle ! Bon grind à toi GL

Th3AngryRiv3r le 28/08/2018 à 16:09

Ça fait 20 000€ / mois

Th3AngryRiv3r le 28/08/2018 à 16:44

Erreur de ma part : c'est bien 2k/mois. C pas bezef... Snif




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