Blog - Petits jeux high stakes entre amis...

Par YoH ViraL
le 11 janv 2019 à 14:00
Tags : poker  namur  cashgame 

PETITS JEUX HIGH STAKES

ENTRE AMIS… 

C’EST À NAMUR QUE L’ON RETROUVE NOTRE COACH, SOLIDEMENT INSTALLÉ À UNE TABLE DE CASH GAME CONTRE DES ADVERSAIRES DÉCOMPLEXÉS, POUR UNE DÉMONSTRATION DE LECTURES DE RANGES. DES LECTURES PAS SI AISÉES DEMANDANT UNE SOLIDE RÉFLEXION… 

Beaucoup de joueurs aimeraient être pros, pourtant tout le monde ne peut pas y arriver. Cela demande beaucoup de détermination, de travail et de courage. De nombreux obstacles se dressent sur le chemin des jeunes padawans qui souhaitent devenir maîtres jedi et depuis quelques temps, j’ai décidé de les accompagner dans leur quête qui un jour fut la mienne. Après plus d’un an et demi de travail, j’ai enfin sorti POKER PRO, le programme le plus complet pour apprendre à devenir un joueur professionnel de poker. J’y ai mis tout mon cœur ! C’est tout simplement le top 10 des conseils qui fonctionnent vraiment. Il contient énormément d’outils et de bonus pour devenir indépendant financièrement grâce au poker.

 Dans les analyses de mains d’aujourd’hui vous allez apprendre à :

• Faire une lecture précise du jeu adverse jusqu’à citer ses deux cartes cachées

• Folder un gros jeu quand vous êtes battu

• Jouer AK différemment et renforcer votre range de défense contre les top-players.

Dans cette main, j’affronte Paul, un businessman. J’ouvre 150 € au cut off avec Ah3s Ce n’est pas une ouverture standard. Sur une table plus difficile, il faut directement se coucher mais il y a un joueur amateur en small blind qui a tendance à beaucoup call. Du coup, je souhaite créer un pot en position contre lui. Pour ouvrir de manière aussi large il vous faut un deuxième argument favorable. Ici Paul, le joueur au bouton, est plutôt serré. Il ne va pas rentrer dans le coup souvent. J’aurai alors la position la plupart du temps pendant toute la main ; je dirais environ 75% du temps. Une fois n’est pas coutume, Paul décide de call son bouton. Le joueur amateur en SB fold et Poloris complète en BB.


Je n’ai pas de carreau mais j’ai la bottom paire, une overcard et un tirage quinte ventrale par le bas. Poloris check et je décide d’en faire autant car ma main ne mérite pas de faire grossir le pot ne comportant pas de carreau. Paul mise 350 €, Poloris fold et c’est à moi de jouer. Contre la majorité de vos adversaires c’est un call ; contre Paul qui a tendance à être plus serré de base pré-flop et aussi qui bluff peu post-flop, on peut être tenté de se coucher dès le flop et c’est sans doute le meilleur play. J’étais plutôt dans un mood callant et j’ai payé. Il fait de temps en temps une tentative de semi-bluff avec des mains comme KQ, KJ, AQ, AJ, AT avec un carreau et je ne pense pas qu’il mise plusieurs fois. Du coup, s’il mise à la turn ce sera la partie la plus forte de sa range et je pourrai tranquillement fold sans imaginer m’être fait bluffer.


Une doublette du 3 qui me donne brelan, kicker max. Autant vous dire qu’on ne fold plus ! Je check et il check/back. J’ai donc bien fait de call au flop : il avait bien un bluff avec un carreau. Sa range est très précise maintenant grâce à ce check car s’il avait eu une overpaire, il aurait continué à miser en protection contre d’éventuelles quintes, overcards et carreaux à venir. Il n’y a que s’il a full qu’il va parfois checker car il a “locké” le board et n’a plus peur de rien. Au contraire, il pourrait même avoir l’envie de me faire toucher une couleur par exemple en me laissant une carte gratuite. Mais le nombre de combinaisons de full est équivalente à seulement 1/3 de ses combinaisons de KQ KJ AQ AJ AT avec un carreau (et il pourrait même avoir certaines versions sans un seul carreau qui auraient tenté un arrachage au flop en position suite aux deux checks.) Il y a donc beaucoup plus de chance qu’on soit confronté à un abandon de sa part plutôt qu’à un full pour le moment.

Cette carte est très bonne pour moi car elle permet à Paul de souvent toucher une paire avec la range qu’on lui a assignée. Il devrait donc me payer. Par contre, je ne suis pas sûr qu’il tentera de rentabiliser si je check : il pourrait avoir peur de faire grossir le pot avec un simple roi sur un board plutôt riche en
combinaisons fortes. Je pense qu’il ne value-bettera pas un roi et qu’il ne bluffera plus après son check turn s’il a par exemple AJ ou AT. J’ai donc tout intérêt à miser de moi-même mon brelan pour value. Quel sizing faire ? Dans ce spot, il faut miser cher, car soit il a fait le K et il payera une mise élevée, soit il a un des Ax cités précédemment et ne callera pas de toute manière, peu importe le montant que l’on choisit. Je fais “pot” soit 1200 € et là j’entends “raise”. Il fait 2400 € soit un min-raise. Je suis embêté… mais la discipline, les années d’expérience et mes nombreux call/muck dans ces spots m’ont appris une chose essentielle : les joueurs amateurs relancent très peu en bluff à la river. En effet, relancer en bluff à la river demande une bonne lecture adverse. Cela coûte cher en général si on se trompe car la river est la street où les pots sont les plus gros. Du coup, les joueurs amateurs ont tendance à ne pas s’aventurer dans ce genre de bluffs. Il faut bien comprendre que je ne bats qu’un bluff. Il ne va pas relancer s’il a le roi ; j’ai misé 1200 €. Il y a des couleurs et des fulls possibles chez moi, il ne va donc pas se sentir en confiance avec un roi, ni même avec un 3 (quels “3” aurait-il au passage ? Il ne reste qu’une seule combinaison d’A3s et s’il l’avait eue, il aurait continué à miser la turn pour protection contre les carreaux). Les seules mains qui font sens chez lui sont des fulls, et c’est sans doute ce qu’il a. Après 10 secondes je lui annonce qu’il a 44 ou 55 puis me couche 30 secondes plus tard en lui montrant mon brelan. Il me montre 4c4h pour full en ne comprenant pas comment j’ai fait. Ça y est, tu as l’explication Paul ! Et même pas besoin de souscrire au Club Elite pour avoir les infos !

Parfois je décide de jouer AK différemment pré-flop, par exemple en payant simplement une relance, même hors position. Il s’agit principalement de situations où il y a un joueur amateur en big blind qui aura tendance à se joindre à la fête. Mon but est toujours de jouer le maximum de coups contre les joueurs amateurs. La situation est justement celle-ci : un triple champion WSOP qui relance. Je suis SB, le joueur amateur est en BB. Je call mais malheureusement il fold…

Un excellent flop avec toutefois un tirage couleur à trèfles. Magnifique brelan top kicker contre un joueur agressif dans un spot où je suis invisible sur cette main. Je check ; il c-bet à 150 €. Je call simplement car il a un avantage de range sur cette texture de flop et je ne souhaite pas relancer un adversaire qui a plus de mains fortes que moi de manière générale sur ce flop. Ce n’est pas le cas ici évidemment. J’ai la meilleure main presque tout le temps mais j’essaye de jouer de la même manière que mes mains faibles dans cette situation pour être le moins exploitable possible.

Un 8 de pique qui ouvre un deuxième tirage couleur, super ! Il va sûrement barell cette carte qui va lui amener une équité avec ses bluffs. Avec quoi risque-t-il de miser maintenant ? Un tirage couleur à trèfle, ou à pique (backdoor), un tirage quinte comme 9Ts, 97s, 57s, un As évidemment, un full… Il mise 1000 €€ soit près de deux fois la taille du pot : une mise intéressante qu’on trouvera souvent sur des textures de boards où l’agresseur a un avantage de range et où il y a de nombreux tirages. Ce sont les solvers, des logiciels qui donnent les manières optimales de jouer chaque situation qui nous permettent de trouver les sizings idéaux. Pas de chance pour lui, je suis sur le “très haut” de ma range ; je call. Bien sûr, il peut avoir un full comme 66 ou 88, ce sont les mains de value qui feraient le plus de sens jouées comme ça car elles ne bloqueraient pas la possibilité de se faire call par un As ou par un gros tirage.

River 5 de pique. Pas la meilleure clairement car la backdoor flush est entrée et il peut totalement l’avoir, tout comme 97s qui fait maintenant quinte… Je check. Heureusement, il mise uniquement 1700 € dans environ 2600 €. J’ai donc un snap call facile mais je ne m’attends pas à battre beaucoup de sa value range ; peutêtre AQ et split contre AK. Je m’attends surtout qu’il choisisse des fulls ne comportant pas d’As pour overbet cette turn. Maintenant, je bats un certain nombre de bluffs, notamment les trèfles ratés (même si j’ai le K de trèfle ce qui n’est pas en ma faveur car il a moins de flush draw ratés !) et 9T. Clairement, s’il avait fait pot ou plus, j’aurais peut-être fold ma main. Il montre 72o pour un bluff total. Pourquoi cette main ? On jouait au jeu du 72 pendant toute la soirée : si quelqu’un gagne un coup avec 72, il reçoit 100 € de chaque adversaire, ici ce petit jeu lui aura coûté 3000 € !


Pour aller plus loin, j’ai réalisé 4 nouvelles vidéos de formation gratuite à l’occasion de la sortie de Poker PRO. Vous les trouverez sur www.pokerpro.fr.

Bon visionnage et bons gains sur les tables !




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